Santé mentale au travail : comment le CSE peut-il agir ?
En 2025, 61 % des salariés considèrent leur travail comme nerveusement fatigant, selon le Baromètre Santé des salariés de Malakoff Humanis. Derrière ce chiffre, une réalité que vous connaissez peut-être en tant qu’élu du CSE : surcharge de travail, stress, tensions entre collègues ou épuisement professionnel.
Ces situations peuvent fragiliser la santé mentale des salariés et dégrader leurs conditions de travail. Pourtant, le CSE dispose de moyens concrets pour agir, bien au-delà du simple signalement à l’employeur.
Prévention des risques psychosociaux (RPS), droit d’alerte, dialogue social : ce guide vous explique comment repérer les signes de souffrance et quelles actions mettre en place pour protéger la santé mentale au travail.
Ce qu’il faut retenir
- La santé mentale au travail est un enjeu majeur : stress, surcharge de travail et conflits peuvent fragiliser le bien-être des salariés.
- L’employeur doit protéger la santé physique et mentale des salariés en mettant en place des mesures de prévention adaptées.
- Le CSE joue un rôle essentiel dans la prévention des risques psychosociaux (RPS) en repérant les situations à risque et en faisant remonter les difficultés.
- Les élus disposent de moyens d’action concrets : dialogue avec les salariés, droit d’alerte et recours aux acteurs de la prévention.
- L’amélioration des conditions de travail passe par des actions durables, notamment l’évaluation des risques dans le DUERP et la démarche QVCT.
Santé mentale au travail : quels sont les risques pour les salariés ?
La santé mentale au travail peut être fragilisée par plusieurs facteurs liés à l’organisation, au management ou aux relations professionnelles. Lorsque ces situations se prolongent, elles peuvent entraîner du stress, de l’anxiété, voire un épuisement professionnel. Pour les élus du CSE, identifier ces risques est une première étape essentielle pour protéger les salariés.
Les principaux facteurs de risques psychosociaux (RPS)
- Une surcharge de travail : objectifs irréalistes, délais trop courts ou pression constante.
- Un manque d’autonomie : faible marge de manœuvre et absence de participation aux décisions.
- Des relations professionnelles dégradées : conflits, harcèlement moral ou manque de soutien.
- Une insécurité professionnelle : peur du licenciement, restructuration ou incertitude sur l’avenir.
Les signes de stress et de souffrance psychologique au travail
Quel est le rôle du CSE dans la protection de la santé mentale au travail ?
Les obligations de l’employeur en matière de santé mentale
Les missions du CSE dans la prévention des risques psychosociaux
- Faire remonter les difficultés signalées par les salariés concernant leurs conditions de travail.
- Alerter l’employeur lorsqu’une situation présente un risque pour la santé des salariés.
- Proposer des actions de prévention pour réduire le stress au travail et améliorer l’organisation.
- Participer à l’analyse des risques professionnels, notamment dans les entreprises d’au moins 50 salariés.
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Comment le CSE peut-il agir face au mal-être des salariés ?
Face à une situation de souffrance psychologique au travail, le CSE peut intervenir pour faire entendre les difficultés des salariés et rechercher des solutions avec l’employeur. Son rôle est d’identifier les situations préoccupantes, d’alerter si nécessaire et de mobiliser les acteurs de la prévention.
Le repérage des situations à risque et le dialogue avec les salariés
Les élus du CSE sont souvent les premiers interlocuteurs des salariés confrontés au stress ou à des conditions de travail difficiles. Leur proximité avec les équipes leur permet de repérer les tensions et de mieux comprendre les problèmes rencontrés.
Concrètement, le CSE peut organiser des échanges avec les salariés, recueillir leurs témoignages et faire remonter les difficultés à la direction, tout en respectant la confidentialité des informations personnelles.
L’objectif est de repérer les causes du mal-être au travail et d’agir avant que la situation ne s’aggrave.
Le droit d’alerte du CSE en cas de danger pour la santé mentale
Lorsqu’un élu constate une atteinte injustifiée à la santé mentale d’un salarié, notamment en cas de harcèlement moral, il peut exercer son droit d’alerte conformément à l’article L2312-59 du Code du travail.
L’employeur doit alors mener sans délai une enquête avec l’élu concerné et prendre les mesures nécessaires pour faire cesser l’atteinte.
En présence d’un danger grave et imminent, une autre procédure d’alerte peut également être utilisée si les conditions légales sont réunies.
Le recours à la médecine du travail et aux acteurs de la prévention
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Quelles actions le CSE peut-il mettre en place pour améliorer la santé mentale au travail ?
L’évaluation des risques psychosociaux dans le DUERP
- Identifier les situations à risque à partir des remontées des salariés.
- Proposer des mesures de prévention adaptées aux difficultés rencontrées.
- Suivre les actions engagées et demander des ajustements si nécessaire.
L’amélioration des conditions de travail et la démarche QVCT
- Adapter la charge de travail pour limiter la pression et prévenir l’épuisement professionnel.
- Favoriser le dialogue entre les salariés et la direction pour résoudre les difficultés.
- Améliorer l’organisation du travail, notamment les horaires, les moyens disponibles et l’autonomie des équipes.
- Suivre les résultats des actions mises en place à partir des retours des salariés.
FAQ : Tout savoir sur la santé mentale au travail et le rôle du CSE
Oui, un salarié peut se confier à un élu du CSE sur ses difficultés professionnelles. L’élu doit faire preuve de discrétion et respecter la confidentialité des informations personnelles recueillies. Il doit notamment éviter de transmettre des informations médicales sans l’accord du salarié.
Oui, le CSE peut proposer un questionnaire pour recueillir le ressenti des salariés sur leurs conditions de travail. Cette démarche permet d’identifier des difficultés collectives et de proposer des améliorations. Le questionnaire doit respecter le RGPD et garantir l’anonymat lorsqu’il est annoncé.
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le secrétaire du CSE peut proposer d’inscrire la santé mentale au travail à l’ordre du jour, établi conjointement avec le président. Les élus peuvent ainsi demander un échange sur les difficultés constatées et les mesures envisagées. Il est préférable de préparer des faits précis pour faciliter la discussion.
Oui, les salariés en télétravail bénéficient également des mesures de protection de la santé physique et mentale. Le CSE peut notamment faire remonter les difficultés liées à l’isolement, à la surcharge de travail ou à la déconnexion. Il peut proposer des mesures adaptées à cette organisation du travail.
Oui, les élus du CSE peuvent signaler à l’inspection du travail des situations préoccupantes liées aux conditions de travail. L’inspection peut vérifier le respect des obligations de l’employeur et intervenir dans le cadre de ses compétences. Elle ne remplace toutefois pas les professionnels de santé pour la prise en charge individuelle des salariés.