DUERP et CSE : mise à jour et utilisation du document unique
Dans chaque entreprise, la santé et la sécurité des salariés sont des priorités. Pour mieux prévenir les risques professionnels, un outil central est mis à disposition : le DUERP, ou Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels. Ce document unique CSE va bien au-delà d’une obligation administrative, c’est un véritable levier d’action pour améliorer les conditions de travail.
Les élus du CSE, en tant que représentants du personnel, jouent un rôle essentiel dans l’élaboration, la mise à jour et l’exploitation du DUERP. Mais encore faut-il bien comprendre ses enjeux, ses obligations légales, et surtout savoir comment s’en servir efficacement pour protéger les salariés.
Sommaire :
- Le DUERP, un outil clé pour la santé au travail
- Mise à jour du DUERP : ce que dit la loi
- Le rôle du CSE dans la gestion du DUERP
- Bien se former pour mieux prévenir les risques
Le DUERP, un outil clé pour la santé au travail
Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est un document obligatoire pour toutes les entreprises, dès l’embauche du premier salarié. Il recense l’ensemble des risques auxquels les travailleurs peuvent être exposés dans l’exercice de leurs fonctions.
Son objectif principal est clair : prévenir les accidents du travail, les maladies professionnelles et améliorer les conditions de travail. Pour cela, le DUERP permet d’identifier les dangers, d’évaluer les risques et de mettre en place un plan d’action adapté.
Il couvre l’ensemble des postes de travail, en prenant en compte des facteurs variés : ergonomie, exposition aux produits chimiques, bruit, stress, risques psychosociaux, etc. Chaque entreprise doit adapter le DUERP à ses propres réalités. Pour cela, une mise à jour du document unique régulière est indispensable.
Pourquoi le CSE est-il concerné ?
Mise à jour du DUERP : ce que dit la loi
Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est un pilier de la politique de prévention en entreprise. Il ne peut pas rester figé dans le temps : ses informations doivent suivre l’évolution des postes, des conditions de travail, et des risques qui y sont associés. C’est pourquoi la réglementation impose une actualisation régulière de ce document.
Cette exigence vise à garantir que les mesures de prévention restent adaptées aux situations réelles rencontrées par les salariés. Un DUERP non actualisé devient vite inutile, voire dangereux, car il laisse des zones de risque sans surveillance.
En plus de cette obligation générale, la loi encadre précisément les situations dans lesquelles une mise à jour est nécessaire. Elle précise aussi les conséquences en cas de manquement. Ces règles concernent directement l’employeur, mais également les élus du CSE, qui ont un rôle actif à jouer dans la vérification et le suivi du document.
Quand faut-il mettre à jour le DUERP ?
- Au moins une fois par an, dans toutes les entreprises de 11 salariés ou plus. Ce rendez-vous annuel est un minimum légal, qui permet de faire un point régulier sur les risques et les actions mises en place.
- À chaque modification importante des conditions de travail : cela peut être un changement de locaux, l’introduction de nouvelles machines, l’adoption d’un nouveau procédé de fabrication ou encore la réorganisation d’un service.
- Après tout accident du travail ou maladie professionnelle, surtout si cela révèle un danger mal identifié ou insuffisamment anticipé.
Quels sont les risques en cas d’oubli ?
- Des amendes administratives,
- Un redressement en cas d’accident lié à un risque non évalué,
- Et, dans les cas les plus graves, une poursuite pour faute inexcusable si la mise à jour aurait pu éviter un dommage.
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Le rôle du CSE dans la gestion du DUERP
Le DUERP ne concerne pas uniquement l’employeur. Le CSE a un rôle important à jouer dans sa gestion. Les élus ne sont pas de simples spectateurs : ils participent activement à la prévention des risques en entreprise.
Pourquoi ? Parce qu’ils sont proches du terrain. Ils sont en contact direct avec les salariés, et ils connaissent bien les conditions de travail. Cela leur permet de repérer les problèmes rapidement, de faire remonter les alertes, et de proposer des solutions concrètes.
La loi prévoit que le CSE doit être consulté à chaque fois que le DUERP est élaboré ou mis à jour. L’objectif est clair : s’assurer que le document reflète bien les risques réels, et que les mesures de prévention sont efficaces.
Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le travail du CSE est souvent soutenu par la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT). Cette commission peut analyser certains risques plus en détail, suivre les actions prévues, et aider à faire des propositions utiles.
Le CSE peut aussi demander l’aide d’un expert indépendant si une situation devient complexe, ou si un grand changement dans l’organisation est prévu. Cela permet d’avoir un regard extérieur, objectif, et souvent très utile.
Consultation obligatoire du CSE sur le DUERP
- Vérifier si tous les postes et activités sont bien couverts,
- Proposer des ajustements si certains risques sont mal évalués ou oubliés,
- Demander des précisions sur les mesures prévues pour améliorer la sécurité.
Intégration du DUERP dans les travaux de la CSSCT
- Suivre les actions de prévention mises en place,
- Vérifier que les mesures sont bien appliquées sur le terrain,
- Identifier les manques ou les oublis dans l’évaluation des risques,
- Proposer de nouvelles actions pour améliorer la sécurité.
Bien se former pour mieux prévenir les risques
Pour bien jouer leur rôle en matière de santé et de sécurité, les élus du CSE ne peuvent pas tout deviner ou improviser. La prévention des risques demande des connaissances précises, à jour, et surtout adaptées à la réalité de l’entreprise. C’est pour cela que la formation CSE des élus est essentielle.
Connaître les règles, savoir lire un DUERP, repérer un danger, poser les bonnes questions, proposer des actions concrètes… tout cela s’apprend. Et plus les élus sont formés, plus leur action est efficace et reconnue.
La loi prévoit d’ailleurs une formation obligatoire en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) pour les membres du CSE, notamment ceux de la CSSCT. Cette formation leur donne les bases pour comprendre leurs missions et agir de manière utile au quotidien.
Mais il ne faut pas se limiter au minimum légal. Se former, c’est aussi l’occasion de :
- Mieux comprendre les risques spécifiques à son secteur,
- Apprendre à utiliser les bons outils (DUERP, fiches de poste, registres…),
- Savoir comment réagir face à un accident ou un signalement,
- Échanger avec d’autres élus et partager des bonnes pratiques.
Se former en SSCT : un atout pour le CSE
FAQ : DUERP et le rôle du CSE
Le DUERP est un document légalement obligatoire pour toutes les entreprises ayant au moins un salarié. Il recense les risques pour la santé et la sécurité auxquels les travailleurs peuvent être exposés. Ce document vise à prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles en identifiant les risques et en définissant des mesures de prévention adaptées.
Le DUERP doit être mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises de 11 salariés ou plus. Il doit aussi être révisé à chaque changement important dans l’entreprise ou après un accident du travail.
Depuis juillet 2023, les entreprises de plus de 150 salariés doivent conserver leur DUERP dans un format numérique sur un portail officiel sécurisé. Cette règle sera étendue aux entreprises de moins de 150 salariés à partir de 2024.
L’Inspection du travail peut venir vérifier que le DUERP est bien présent, à jour et conforme. Les élus du CSE peuvent aussi en demander l’accès pour s’assurer qu’il reflète bien les risques de l’entreprise.
Le DUERP recense et évalue les risques professionnels dans l’entreprise. Le Papripact, lui, est un plan d’actions qui en découle : il liste les mesures à mettre en place pour réduire ou supprimer ces risques. Les deux vont ensemble, mais le DUERP est la base.
Le non-respect des obligations liées au DUERP expose l’entreprise à des sanctions légales, y compris des amendes. De plus, en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, l’absence d’un DUERP à jour peut aggraver la responsabilité de l’employeur, entraînant des conséquences juridiques et financières plus graves.